Mariage des enfants : Agir ensemble pour dire « NON » au mariage précoce

Du 1er au 6 septembre 2020, WiLDAF Afrique de l’Ouest et Save The Children ont organisé un club de lecture virtuel autour de la bande dessinée « Mariées trop tôt ». Une bande dessinée de sensibilisation sur les conséquences sociales, économiques et sanitaires du mariage des enfants. Une initiative qui a permis aux nombreux participants de mieux connaitre ce phénomène et son impact nocif sur la vie de nombreuses jeunes filles.

 

C’est sur le réseau social de messagerie instantanée « Whatsapp » que WiLDAF Afrique de l’Ouest a réuni plus d’une centaine de jeunes autour de cette bande dessinée. Réunis groupes, jeunes et adultes ont durant les six jours échangé sur le livre « Mariées trop tôt ». « Les activités ont consisté en des lectures journalières des pages de la bande dessinée sur une période de cinq jours. La bande dessinée a été subdivisée en 5 parties en fonction d’une idée générale à retenir en rapport aux objectifs spécifiques à atteindre. A la fin de chaque journée, un résumé de la journée et l’idée générale afférentes ont été diffusées dans les groupes. Chaque fin de journée a été sanctionnée par des quizz qui ont amené les participants à l’attention et à la réflexion. A la fin des 5 jours, les participant(e)s ont passé un quiz en guise d’évaluation sur les sujets évoqués dans la BD », a expliqué Mme Victoire WOROU, Assistante programme WiLDAFAO.

 

Une activité qui a permis à Dorcas de frotter vivement à la réalité que villes des milliers de jeunes filles. « Cette petite aventure m’a permis de savoir comment autant de filles sont livrées au mariage des enfants abandonnés à la merci d’un mari trop vieux qui abuse d’elles physiquement, sexuellement et psychologiquement. Elle m’a permis de savoir également comment à quel point les enfants mariés étaient en danger et en mauvaise posture. J’ai compris les risques qu’on faisait prendre à ces jeunes filles de gâcher leur vie pour toujours en les mariant trop tôt », a-t-elle confié. « Je pense qu’on n’en parle pas souvent, qu’on n’en parle pas assez comme on le devrait dans nos sociétés, surtout africaine. Le mariage des enfants détruit les filles qui le subissent émotionnellement et physiquement. Il est très important de chercher son éradication par tous les moyens », a-t-elle ajouté.

Sentiment partagé par Pascaline, une autre participante au club de lecture. Elle a surtout été marquée par les conséquences que peuvent avoir les mariages précoces sur les enfants. « Nous avons retenu plusieurs choses dont les conséquences néfastes liées aux mariages des enfants qui sont entre autres : l’accouchement prématuré, la mort à l’accouchement, les violences conjugales, le droit de la jeune fille à l’éducation, son droit à la santé et son droit de jouir pleinement de son corps sont bafoués », explique Pascaline.

 

Pour FASSEHO Kossiwa Dzigbodi, devant autant de conséquences graves, il faut agir. « Ce phénomène est à stopper. Peu importe le prix que nous devons payer pour y arriver parce que

plus nous nous taisons, plus il y aura des victimes. Selon moi, l’heure n’est plus aux regrets ou aux écrits mais à l’action avec force et détermination », déclare la jeune fille visiblement déterminée à s’investir dans cette lutte.

A cet effet, Pascaline demande aux autorités « de prendre le taureau par les cornes pour éradiquer ce fléau. Peut-être

elles ont déjà commencé mais force est de constater que dans les milieux reculés l’information ne passe pas, qu’ils apportent les messages de l’émancipation de la femme, dire « non » aux mariages des enfants dans les milieux les plus éloignés ».

 

D’ailleurs, elle a quelques idées.

1- l’idée déjà de créer un club virtuelle. Je l’ai trouvé excellente car elle a permis à un grand nombre de pouvoir participer aux discussions et au concours. Le phénomène du mariage des enfants est très grave et je tiens vraiment à remercier Wildaf pour cette initiative cela a eu pour effet de nous ouvrir d’avantage les yeux sur ce fâcheux phénomène dont les gens croient en la diminution de nos jours. Le problème persiste et n’a pas diminué comme on le croit.

Ce concours et ces discussions pourront nous permettre de commencer de petites sensibilisations pour apporter notre petite pierre à l’édifice. « Elles pourront aider les parents à inscrire leurs filles à l’école et accompagner ces filles pendant leurs cursus scolaire tout en leur fournissant des vivres, des articles scolaires, en récompensant chaque année les meilleures dans les différentes localités. Elles pourraient aussi aider la plupart à avoir une formation adéquate. Que les autorités entendent les cris de la jeune fille qui disent : garantissez moi un avenir meilleur, ne me mariez pas enfant », a-t-elle énoncé.

 

Au-delà de ces participantes, les personnes ayant pris part aux clubs ont manifesté leur volonté de sensibiliser sur le phénomène. Un changement de point de vue qui ravi les organisateurs. « Nous pensons que nos objectifs ont été atteints au regard de la participation des jeunes », a affirmé Mme Victoire WOROU.

 

R.K.

 

Source : SOCIAL INFOS N°048 # DU 24 SEPTEMBRE AU 07 OCTOBRE 2020

 

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